Thérapie brève stratégique · Palo Alto · Changement

Thérapie brève systémique
Le changement stratégique
en quelques séances

La thérapie brève ne signifie pas une thérapie bâclée. C'est une thérapie stratégique. Elle part d'une hypothèse radicalement différente : le changement ne demande pas du temps. Il demande de la précision.

Vous pensez qu'une thérapie doit être longue pour être profonde. Que quelques mois, c'est court. Que les vraies transformations prennent des années. Je l'entends tout le temps. Et à chaque fois, je me dis que c'est probablement l'idée reçue la plus tenace en psychothérapie.

La thérapie brève, ce n'est pas une psychothérapie raccourcie où vous parleriez moins longtemps. C'est autre chose. Elle part d'une hypothèse radicalement différente : le changement ne demande pas du temps. Il demande de la précision.

Un homme attend depuis dix ans qu'une situation change. Il en parle avec conviction. « Ça va finir par bouger. » Cela ne bouge pas. Parce que dix ans, c'est assez long pour que le problème se cristallise, pour que les tentatives de résolution s'enfoncent dans la routine et deviennent elles-mêmes le ciment du blocage. La thérapie brève ne croit pas qu'attendre un jour de plus va faire basculer quoi que ce soit. Elle croit que faire quelque chose de différent, aujourd'hui, peut créer une ouverture aujourd'hui.

D'où vient la thérapie brève stratégique,
et pourquoi elle change tout

Palo Alto, Californie, années 1950. Un anthropologue nommé Gregory Bateson réunit des chercheurs de disciplines différentes. Pas pour soigner les gens. Pour comprendre comment ils communiquent. Comment les malentendus se fabriquent. Comment un système relationnel peut faire souffrir tout le monde et se maintenir quand même.

Pourquoi des gens intelligents restent-ils enfermés dans des situations qui leur font du mal ? C'est la question qui les animait. Et honnêtement, c'est celle qui m'anime encore.

De ce groupe naît, en 1959, le Mental Research Institute (MRI), fondé par Don Jackson. Watzlawick, Weakland, Fisch y développent une intuition qui va tout changer : ce qui maintient un problème, ce n'est souvent pas le problème lui-même. Ce sont les solutions qu'on y applique en boucle, sans jamais en changer la logique. Pendant ce temps, à Phoenix, Milton Erickson invente une façon de faire de la thérapie qui ne ressemble à rien de connu. Il contourne les résistances au lieu de les combattre. Il utilise les histoires, les métaphores, les prescriptions paradoxales. Il propose sans imposer. Il ouvre sans forcer. Et son influence va irriguer tout le mouvement, même à distance.

Aucun de ces gens ne cherchait à inventer une « thérapie rapide ». La question était plus profonde que ça : comment fonctionne le changement ? Pourquoi certaines interventions transforment tout en quelques séances, et d'autres ne changent rien même après des années ?

Ce qu'ils ont trouvé, je ne suis pas sûr que ça tienne en une phrase, mais je vais essayer. Le changement vient d'une rupture dans le pattern. Pas une rupture spectaculaire. Une modification dans la façon de percevoir ou de réagir, qui casse la boucle ancienne. Watzlawick a appelé ça le changement de type 2 : non pas faire plus de la même chose plus fort (ça, c'est le type 1, et ça ne marche pas), mais changer les règles du jeu elles-mêmes. Et cette rupture ne demande pas mille heures d'analyse. Elle demande la bonne intervention, au bon moment, dans le bon système.

C'est pour ça qu'une thérapie brève peut produire des résultats en 5 à 15 séances. Ce n'est pas qu'on évite les vraies questions. C'est qu'on ne les explore pas de manière linéaire, chronologique, en remontant le fil. On regarde le présent. Comment le problème se maintient maintenant, à travers les interactions entre la personne, son entourage et son environnement. Et on intervient maintenant.

La réalité se construit.
Le problème aussi.

Il y a une idée que j'aimerais poser ici, parce qu'elle change tout quand on la comprend vraiment. C'est le constructivisme. La réalité n'est pas une donnée objective que l'on découvre. Elle se construit, à travers nos perceptions, nos interactions, nos représentations. Heinz von Foerster avait cette formule : « Le monde tel que nous le percevons est notre propre invention. » (C'est le genre de phrase qu'il faut laisser décanter un moment avant d'en mesurer la portée.)

Deux personnes dans la même situation ne vivent pas la même réalité. Le thérapeute systémique ne détient pas la vérité sur ce que vous vivez. Il ne sait pas ce que vous devriez être ou devenir. Mais il sait quelque chose que vous ne voyez pas encore : comment votre problème fonctionne, comment les boucles se maintiennent, où ça se verrouille. Un savoir-faire sur le fonctionnement du problème, jamais un savoir sur ce que la personne devrait faire de sa vie. C'est cette distinction qui structure tout.

Ce que je vois en séance, c'est que les gens ne manquent ni d'intelligence ni de bonne volonté. Ils sont pris dans une lecture de la situation qui leur semble la seule possible. Et depuis cette lecture, leurs réactions sont parfaitement logiques. Le problème n'est pas qu'ils « se trompent ». C'est que la logique dans laquelle ils sont enfermés ne leur laisse plus d'espace pour agir autrement.

Un couple qui se dispute depuis dix ans. Dix ans de ressentiment, de blessures refermées à moitié, d'une tension qui s'est installée dans les murs. Un thérapeute qui travaille de manière linéaire dirait : « Il faut explorer vos dynamiques. Comprendre d'où viennent ces patterns. Remonter aux racines. » Cela prend du temps. C'est utile, parfois. Mais cela ne change rien à la dispute de ce soir.

Un thérapeute bref stratégique regarde les choses autrement. « Comment vous disputez-vous aujourd'hui ? Précisément. Qui dit quoi ? Comment l'autre répond ? Où est le moment où ça s'enflamme ? » Et surtout : que fait chacun pour tenter de résoudre le conflit, et en quoi cette tentative entretient-elle le conflit lui-même ? Soudain, la boucle devient visible. Elle qui dit « tu ne m'écoutes jamais » pour obtenir de l'attention. Lui qui se ferme parce qu'il perçoit un reproche. Elle qui interprète ce silence comme une preuve qu'il ne l'écoute pas. Et la boucle recommence. Chacun voit l'autre comme la cause du problème. Chacun réagit d'une manière qui confirme ce que l'autre redoute. Ce n'est pas une question de faute. C'est une danse interactionnelle que les deux maintiennent ensemble, sans le vouloir.

Une toute petite rupture dans cette mécanique peut changer la danse entière.

Le cœur de la thérapie brève systémique :
les tentatives de solution

C'est probablement l'idée la plus contre-intuitive de tout le modèle. C'est aussi celle qui m'a le plus marqué quand je l'ai découverte en formation.

Vous avez un problème. Vous avez essayé de le résoudre. Beaucoup. Longtemps. De toutes les manières que vous connaissiez. Et rien n'a changé. La question n'est pas « pourquoi êtes-vous bloqué ? ». La question, c'est : et si ce que vous faites pour résoudre le problème était exactement ce qui le maintient en place ?

Ce ne sont pas seulement vos tentatives à vous. Ce sont aussi celles de votre entourage, de vos proches, parfois de votre médecin, de vos amis, de votre système culturel. Tout un réseau de personnes qui veulent bien faire, qui agissent avec les meilleures intentions, et qui, sans le savoir, renforcent ce qu'elles cherchent à résoudre.

Un enfant a de l'anxiété. Les parents s'alarment. Ils le rassurent constamment. « Tout va bien. Tu es en sécurité. » La grand-mère appelle chaque soir pour prendre des nouvelles. L'école est prévenue, les enseignants redoublent d'attention. Plus l'entourage s'active, plus l'enfant s'inquiète. Pourquoi ? Parce que toute cette mobilisation lui envoie un message : si autant de gens s'inquiètent pour moi, c'est qu'il y a vraiment quelque chose à craindre. La tentative de solution (rassurer) confirme le problème (l'anxiété). Ce n'est pas la faute des parents. C'est la logique du système.

Même chose dans un couple, mais plus vicieux encore. Un mari se plaint que sa femme est trop dépendante. Il crée de la distance pour qu'elle « apprenne à vivre sans lui ». Elle panique. Elle s'accroche. Plus il s'éloigne, plus elle s'accroche. Plus elle s'accroche, plus il confirme son diagnostic : « Tu vois, tu es dépendante. » La tentative de solution de l'un est devenue le problème de l'autre. Les deux ont raison de l'intérieur de leur logique. Et les deux s'enfoncent.

Ce que fait la thérapie brève, c'est nommer cette mécanique. Sans accuser personne. Et proposer quelque chose de radicalement différent, souvent contre-intuitif, qui casse la boucle au lieu de l'alimenter.

Parfois, cela signifie faire le contraire. Au lieu de rassurer l'enfant anxieux en niant sa peur, on accueille ce qu'il ressent. On entre dans son monde, on comprend ce qu'il vit de l'intérieur. Et dans le même mouvement, au lieu de chercher à le convaincre que tout va bien, on lui demande : « Si quelque chose se passait, qu'est-ce que tu penses que tu pourrais faire ? » Ce n'est pas deux temps séparés, empathie puis stratégie. C'est un seul geste : comprendre la logique de l'autre assez profondément pour que la proposition de changement naisse de l'intérieur de cette logique, pas de l'extérieur. L'empathie n'est pas le préalable à l'intervention. Elle est l'intervention. Et la stratégie n'est pas une technique plaquée sur la relation. Elle est la forme que prend la relation quand elle se met au service du changement. Ce n'est pas de la manipulation. C'est du respect. Et de la confiance dans ce que la personne peut.

Quand le problème ne se manifeste pas :
les exceptions comme levier

Les gens arrivent en séance avec l'impression que leur problème est là tout le temps. Ils disent « toujours » et « jamais ». Et ils y croient, parce que c'est vraiment ce qu'ils vivent.

Mais quand on regarde de plus près, ce n'est presque jamais vrai. Il y a des moments où la dispute ne démarre pas. Des matins où l'anxiété desserre sa prise. Un mardi où, sans savoir pourquoi, tout s'est mieux passé.

Ces moments-là, les gens les oublient. Le problème prend toute la place dans le champ de vision, et les exceptions deviennent invisibles. Or c'est précisément là que se cache quelque chose d'essentiel : quand ça va mieux, que faites-vous de différent ? Qu'est-ce qui change dans l'interaction, dans le contexte, dans votre façon de réagir ? Ce que je cherche en séance, c'est aussi ça. Pas seulement ce qui coince. Ce qui fonctionne déjà, même par intermittence, même sans que vous le sachiez. Parce que ces exceptions révèlent des ressources que vous possédez et que vous ne voyez plus. Les amplifier, c'est vous redonner accès à un pouvoir d'action que le problème avait recouvert.

Thérapie brève : comment 5 à 15 séances
produisent un changement durable

La question revient tout le temps. Quelques séances, un changement durable ? Ça ressemble à une promesse marketing.

Ce n'en est pas une. Le changement n'est pas proportionnel au temps qu'on y passe. Il est proportionnel à la justesse de ce qu'on fait. Un homme a mal à la main depuis des mois. Son médecin lui prescrit des exercices. Ça dure. Un chirurgien identifie ce qui compresse le nerf et l'enlève en vingt minutes. Le changement est venu de la précision, pas des heures accumulées.

Une femme veut quitter son mari. Ça fait des années. Elle a vu des thérapeutes qui lui ont dit : « Tu as peur de l'abandon. C'est lié à ton père. » Elle le sait. Elle le sait par cœur. Mais elle ne part pas. Savoir d'où vient la peur n'a jamais changé la peur. C'est l'expérience qui transforme, pas la compréhension.

En séance, on ne remonte pas dans l'enfance. On regarde ce qu'elle n'a pas encore regardé en face. « Si tu partais, qu'est-ce qui se passerait concrètement ? Pas dans ta tête. Demain matin. » Elle parle. Et ce qui émerge, c'est que partir, pour elle, ça veut dire accepter qu'elle a été malheureuse. Se choisir. C'est exactement ce qu'elle n'a jamais fait. Quelques semaines plus tard, elle part. Ou elle reste, mais depuis un autre endroit. Le changement n'est pas venu de l'analyse du passé. Il est venu d'un pas qu'elle croyait impossible et qu'elle a fait.

Le changement durable vient de là. Vous faites quelque chose de différent. Ça marche. Votre système l'enregistre. Un possible s'ouvre que vous ne soupçonniez pas. Et vous continuez sans thérapeute, parce que vous avez la preuve, dans votre propre corps, dans votre propre expérience, que vous pouvez. C'est ça que je trouve beau dans cette approche, même si « beau » n'est pas un mot qu'on utilise d'habitude dans un article clinique : chaque personne porte en elle les ressources nécessaires à son propre développement. La thérapie brève ne les invente pas. Elle ouvre un espace où elles peuvent enfin émerger.

Le rôle du thérapeute systémique :
une posture, pas un savoir supérieur

Le thérapeute systémique et stratégique sait quelque chose que le patient ne sait pas encore : comment son problème se maintient. Il a un diagnostic. Il repère les boucles, identifie les tentatives de solution, comprend ce que Giorgio Nardone appelle le système de perception-réaction : la manière dont vous percevez la situation conditionne votre façon d'y réagir, et votre réaction confirme votre perception. C'est un verrou. Et il construit une intervention précise pour l'ouvrir. Ce savoir-faire est réel, il est rigoureux, et il est le cœur de la compétence stratégique.

Mais il ne sait rien de ce que la personne devrait devenir. Il ne porte aucun projet pour elle. Il ne décide pas à sa place ce qu'est une vie réussie, un couple sain, un choix courageux.

C'est cette distinction qui fonde ma posture. Position basse sur le contenu de votre vie, haute sur le cadre et la stratégie d'intervention. Je ne sais pas mieux que vous ce que vous vivez. Votre vie, votre logique, vos raisons : c'est votre terrain, et je le respecte intégralement. Mais je tiens fermement la structure de notre travail ensemble, parce que c'est elle qui permet au changement d'advenir.

Dans la pratique, et c'est quelque chose que j'ai mis du temps à comprendre, ces deux dimensions ne se séparent pas. L'écoute n'est pas une pause empathique avant la stratégie. Être là, avec vous, dans ce que vous dites, c'est déjà tout. Carl Rogers appelait cela l'empathie : entrer dans le monde de l'autre comme si c'était le sien, sans jamais oublier le « comme si ». Et c'est cette présence réelle qui rend visible ce que vous ne percevez pas encore : les patterns, les boucles, l'émotion qui organise tout le reste. Ce n'est pas un scanner appliqué en façade. C'est le contraire. C'est parce que l'écoute est vraie que la perception clinique émerge. Et quand une intervention prend forme, elle naît de cette compréhension intime de votre logique, pas d'un modèle plaqué de l'extérieur. La stratégie est au service de votre mouvement, pas d'un objectif décidé à votre place.

Un exemple. Un homme entre en séance. Il parle vite, il justifie, il anticipe mes objections avant même que j'ouvre la bouche. Il dit : « Je sais ce que vous allez me dire. » Il a déjà vu d'autres thérapeutes. Il a un diagnostic sur lui-même. Il a tout compris, dit-il, mais rien ne change. Pendant qu'il parle, je ne prépare pas ma prochaine question. Je l'écoute. Vraiment. Et à un moment, je dis simplement : « Vous êtes épuisé de devoir tout contrôler, même ici. » Il s'arrête. Quelque chose se dépose. Pour la première fois, quelqu'un n'a pas essayé de lui expliquer son problème. Quelqu'un a nommé ce qu'il vivait là, dans la pièce, à cet instant. Ce moment n'est pas un préalable avant le « vrai » travail. C'est déjà le travail. Parce que dans ce silence qui suit, il n'est plus en train de contrôler. Il est en train de sentir. Et c'est depuis ce sentir que tout le reste devient possible : les questions qui ouvrent, la tâche qui déplace, le mouvement qui commence.

Il m'arrive de me tromper dans ma lecture. De proposer quelque chose qui ne colle pas, d'aller trop vite, ou pas assez. Ça arrive plus souvent qu'on ne le dit dans notre métier. Quand ça m'arrive, je le dis. Pas pour me flageller. Parce que si je ne suis pas transparent dans la relation, comment demander à l'autre de l'être ? La congruence, Rogers en avait fait une condition du changement : être soi-même dans la rencontre, pas derrière un masque professionnel. Et c'est peut-être la chose la plus difficile du métier. Pas les outils, pas les modèles. Être là, en tant que personne, avec ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas encore.

Erickson racontait souvent des histoires. Pas pour la poésie. Parce qu'une histoire, c'est une intervention. Elle crée une ouverture sans forcer de porte. Elle propose une possibilité nouvelle pendant que votre esprit est occupé à écouter le récit. Et c'est ça, la non-directivité au sens profond. Ce n'est pas ne rien proposer. C'est proposer de telle manière que le mouvement vienne de vous. Erickson ne décidait pas à la place de ses patients. Il semait quelque chose, et la personne trouvait son propre chemin à travers ce qui avait été semé. Rien n'était imposé. Tout était rendu possible. C'est cette posture qui traverse le travail thérapeutique : un recadrage qui fait voir la même situation depuis un angle nouveau, une tâche entre les séances qui brise la routine et crée une expérience à 180° de ce que vous faisiez jusqu'ici. Pas pour vous dire quoi faire de votre vie. Pour que, ensemble, on ouvre un espace où vous fassiez un pas que vous ne pensiez pas pouvoir faire. Le pas, c'est le vôtre.

Et quand vous résistez ? La résistance n'est pas un obstacle. C'est une information. Si vous résistez, c'est que la proposition n'est pas ajustée à votre réalité. Point. Le thérapeute n'insiste pas. Il s'adapte. Il utilise votre résistance comme un signal qui lui dit comment ajuster le tir. C'est l'une des sagesses les plus profondes de l'approche de Palo Alto : travailler avec ce qui est là, pas contre.

Anxiété, crises de couple, burnout :
à qui s'adresse la thérapie brève systémique ?

Un cadre dirigeant qui ne dort plus depuis six mois. Il a tout rationalisé, tout optimisé, et son corps a lâché avant lui. Il arrive en séance convaincu que le problème est la charge de travail. En dialogue stratégique, une question suffit parfois à faire basculer la lecture : « Si demain vous déléguiez une seule tâche, la plus petite, que craindriez-vous qu'il se passe ? » Silence. Ce qui émerge, ce n'est pas la surcharge. C'est la peur de perdre le contrôle. Sa tentative de tout tenir seul n'était pas une solution au travail. C'était une protection contre cette peur. Et c'est cette protection qui l'épuisait. Le jour où il délègue une seule chose, son sommeil revient en trois semaines.

Un couple où chaque conversation finit en procès. Ils viennent ensemble, chacun convaincu que l'autre est le problème. Ce qui se passe en séance, c'est qu'ils commencent à voir la danse qu'ils font à deux. Et qu'aucun des deux n'est coupable. La boucle l'est.

Un adolescent qui refuse d'aller en cours. Ses parents ont tout essayé : la fermeté, la douceur, les menaces, les récompenses. Plus ils poussent, plus il se ferme. Quand on travaille ensemble, ce n'est pas l'ado qu'on « répare ». C'est l'interaction qui se déplace.

L'approche fonctionne particulièrement bien quand le problème est nommable. « Mon couple est en crise. » « Je suis paralysé dès que je dois parler en public. » « Mon ado et moi, on n'y arrive plus. » Plus c'est cerné, plus l'intervention peut être précise. Quand la souffrance est diffuse, le premier travail sera de délimiter. Mettre des mots. Et ce travail-là aussi, on le fait ensemble.

Elle est aussi indiquée dans les moments de crise. Un deuil. Une séparation. Un virage de vie qui vous coupe les jambes. Elle ne remplace pas un travail long sur la personnalité si c'est ce que vous cherchez. Mais elle offre un ancrage, un premier déplacement concret. Et puis il y a ceux qui ont déjà tout exploré, qui connaissent leur histoire par cœur, et qui en ont assez de comprendre sans que rien ne bouge. Ceux-là cherchent le comment.

Au fond, il n'y a pas de profil type. Il n'y a pas de « prêt » selon un critère extérieur. Il y a une personne qui souffre, et un espace où cette souffrance peut être accueillie et, à partir de là, déplacée. Le mouvement vient toujours de la personne. Ce qu'on construit ensemble en séance, c'est l'espace où ce mouvement devient possible.

Idées reçues
sur la thérapie brève stratégique

J'entends souvent celle-ci : « Si c'est bref, ce n'est pas profond. » Comme si la profondeur se mesurait en heures de divan. La profondeur, c'est la pertinence. (J'ai une image qui me vient toujours quand on me pose cette question : une balle qui traverse une vitre fait un trou plus net qu'un bélier qui tape cent fois au même endroit.)

L'autre classique : « On ne traite que les symptômes. » C'est exactement l'inverse. On regarde comment le symptôme se maintient dans le système d'interactions. On modifie les boucles qui l'entretiennent. Le symptôme se transforme parce que ce qui le soutenait ne fonctionne plus de la même manière. C'est plus radical que de remonter aux causes, pas moins.

Il y a aussi l'idée que ce serait pour les gens qui ne veulent pas « vraiment » changer. En réalité, ceux qui viennent me voir ont souvent tout essayé. Ils ont exploré, compris, analysé. Ils sont fatigués de comprendre sans que rien ne bouge. Ce n'est pas un manque de profondeur. C'est une demande de mouvement.

Et la confusion avec le coaching. La thérapie brève n'est pas du coaching. Elle repose sur un cadre théorique rigoureux : la cybernétique, la théorie des systèmes, le constructivisme, la théorie de la communication. Elle mobilise des outils cliniques précis : le dialogue stratégique, les prescriptions, le recadrage. Elle demande autant de finesse qu'une thérapie longue. C'est la logique qui est différente. Pas le niveau d'exigence.

Le changement est plus proche
que vous ne le pensez

Vous vivez avec un problème depuis longtemps. Peut-être que vous avez fini par croire qu'il fait partie de vous. Que c'est comme ça. Que c'est vous. Ce n'est pas vous. C'est un mécanisme, et je pèse le mot. Il se maintient parce que les conditions de son maintien sont là. Changez une condition, une seule, et quelque chose se déplace.

La thérapie brève ne demande pas de tout révolutionner. Elle propose un geste différent. Un seul. Mais ce geste, on ne le fabrique pas dans l'abstrait, et personne ne le décide seul dans son coin. Il émerge d'un travail à deux. De votre réalité, de votre logique, de ce que vous portez déjà en vous comme ressources, et d'un espace de confiance où tout cela peut se déployer.

Ce que la thérapie brève fait de mieux, c'est peut-être ça : vous montrer que le mouvement était déjà là, en vous. Qu'il attendait les bonnes conditions. Et que ces conditions, on peut les construire ensemble. Après, le chemin, c'est le vôtre. Ça l'a toujours été.

Prêt à explorer
ce qui pourrait changer ?

Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, si une situation dure et que ce que vous avez essayé jusqu'ici n'a pas fonctionné, la thérapie brève systémique peut ouvrir un espace différent. Pas pour tout analyser. Pour déplacer ce qui est bloqué, concrètement, maintenant.

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Questions fréquentes

Pour clarifier
avant d'avancer

Qu'est-ce que la thérapie brève systémique ?+
C'est une approche thérapeutique née à Palo Alto dans les années 1950, qui s'intéresse non pas au pourquoi d'un problème mais au comment il se maintient. Le thérapeute identifie les tentatives de solution qui entretiennent le problème et propose des interventions stratégiques pour casser ces boucles. Elle produit des résultats durables en 5 à 15 séances.
Que sont les tentatives de solution en thérapie brève ?+
Ce sont les efforts que vous et votre entourage faites pour résoudre un problème, mais qui, paradoxalement, le maintiennent en place. Par exemple, rassurer constamment un enfant anxieux peut renforcer son anxiété en lui confirmant qu'il y a quelque chose à craindre. La thérapie brève identifie ces boucles et propose de faire quelque chose de radicalement différent.
Comment 5 à 15 séances peuvent-elles produire un changement durable ?+
Le changement n'est pas proportionnel au temps passé en thérapie, mais à la justesse de l'intervention. La thérapie brève ne remonte pas dans le passé : elle identifie précisément comment le problème se maintient dans le présent et intervient sur les mécanismes qui le verrouillent. Une expérience nouvelle, même petite, peut ouvrir un possible que des années d'analyse n'avaient pas déplacé.
Quelle est la différence entre thérapie brève et coaching ?+
La thérapie brève repose sur un cadre théorique rigoureux (cybernétique, théorie des systèmes, constructivisme, théorie de la communication) et mobilise des outils cliniques précis : dialogue stratégique, prescriptions thérapeutiques, recadrage. Elle demande autant de finesse et de compétence qu'une thérapie longue. C'est la logique qui est différente, pas le niveau d'exigence.
À qui s'adresse la thérapie brève systémique ?+
Elle est particulièrement efficace quand le problème est nommable : crise de couple, anxiété, phobie, burnout, conflit parent-adolescent, situation bloquée. Elle convient aussi aux moments de crise (deuil, séparation, transition de vie) et à ceux qui ont déjà exploré leur histoire et cherchent maintenant le comment changer concrètement.
Qu'est-ce que le constructivisme en thérapie systémique ?+
C'est l'idée que la réalité n'est pas une donnée objective que l'on découvre, mais qu'elle se construit à travers nos perceptions, nos interactions et nos représentations. Deux personnes dans la même situation ne vivent pas la même réalité. Le thérapeute systémique ne détient pas la vérité sur votre vie, mais il sait comment votre problème fonctionne et comment les boucles se maintiennent.
Qu'est-ce que le changement de type 2 selon Watzlawick ?+
Le changement de type 1, c'est faire plus de la même chose, plus fort. Ça ne marche pas. Le changement de type 2, c'est changer les règles du jeu elles-mêmes : modifier la façon de percevoir ou de réagir à une situation pour casser la boucle ancienne. C'est le cœur de l'intervention en thérapie brève stratégique.

L'auteur

Abdoul-Azziz Marega est thérapeute systémique et stratégique certifié, formé aux approches de Palo Alto au LACT (Mastère Clinique en Thérapie Brève Stratégique). Il accompagne les personnes en transition, en crise relationnelle, ou bloquées dans des situations qui durent, à Paris et en distanciel. Pour en savoir plus, visitez mrgwellness.fr.